Affichage des articles dont le libellé est Patrimoine historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Patrimoine historique. Afficher tous les articles

vendredi 5 septembre 2025

Les communes rurales face aux règles encadrant les monuments historiques : circulez y a rien à voir

 Le réel vs la technocratie !

Question de M. Bruno Belin (Vienne - Les Républicains-R) publiée le 22/05/2025 

M. Bruno Belin attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur les difficultés rencontrées par les communes rurales qui possèdent un monument historique. De nombreuses communes rurales abritent des bâtiments classés monuments historiques, ce qui entraîne l'instauration d'un périmètre de protection de 500 mètres touchant directement les règles d'urbanisme. 
Si la préservation du patrimoine est essentielle, elle ne doit pas pour autant bloquer les dynamiques locales. Dans ces périmètres, de nombreux projets déposés par les administrés sont rejetés, ce qui freine la rénovation de l'habitat. Le rôle de l'Architecte des bâtiments de France (ABF) est perçu comme trop rigide par les élus locaux. Les cahiers des charges imposés ne laissent que peu de marges de manoeuvre aux maires pour accompagner efficacement les habitants dans leurs démarches de restauration. La conséquence en est que certains travaux ne sont jamais réalisés, des bâtiments se dégradent et des maisons sont abandonnées, alors même que le zéro artificialisation nette, défini par les lois n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets et n° 2023-630 du 20 juillet 2023 visant à faciliter la mise en oeuvre des objectifs de lutte contre l'artificialisation des sols et à renforcer l'accompagnement des élus locaux, incite à utiliser le bâti existant plutôt que de consommer du foncier. 

Par ailleurs, les procédures pour engager des travaux sur un bâtiment classé sont particulièrement complexes et chronophages, ce qui décourage bon nombre d'élus, souvent dépourvus d'une ingénierie administrative suffisante. Face à ces freins certaines communes vont jusqu'à envisager le déclassement de leurs monuments historiques, à la fois pour retrouver une capacité d'action et pour protester contre des décisions jugées trop contraignantes. 
Il cite notamment l'exemple de la commune de Curzay-sur-Vonne, dont l'église et le château sont classés. Entre 2023 et début 2025, un quart des dossiers d'urbanisme (9 sur 36) ont été rejetés en raison d'avis défavorables de l'ABF. Le propriétaire du château avait un projet de rénovation structurant, mais l'impossibilité d'obtenir les permis nécessaires a conduit à l'abandon du projet. Le château est désormais en vente et le village a perdu une opportunité de valorisation et de dynamisation. 
Par conséquent, il demande au Gouvernement quelles mesures il entend mettre en place pour assouplir et clarifier les règles encadrant les monuments historiques en milieu rural. Il alerte sur les effets contre-productifs d'une réglementation excessive, qui fragilise les petites communes, décourage les administrés et compromet la préservation du patrimoine en la rendant inatteignable. 

Réponse du Ministère de la culture publiée le 04/09/2025 

La protection au titre des abords de monuments historiques est définie à l'article L. 621-30 du code du patrimoine. Cette protection concerne les immeubles, bâtis ou non bâtis, situés en « covisibilité » avec le monument historique, c'est-à-dire visible depuis le monument historique ou visible en même temps que lui, à moins de 500 mètres de celui-ci. 

La protection au titre des abords peut également s'appliquer au sein d'un périmètre délimité des abords, c'est-à-dire un périmètre adapté à la réalité et aux enjeux du terrain, créé sur proposition de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) ou de la collectivité territoriale. Aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine, les travaux susceptibles de modifier l'aspect des immeubles bâtis ou non bâtis situés en abords de monuments historiques font l'objet d'une autorisation préalable soumise à l'accord (« avis conforme ») de l'ABF, qui s'assure que le projet présenté s'insère harmonieusement dans l'environnement du monument. 

Dans le cadre de l'instruction des demandes d'autorisation de travaux, l'ABF peut émettre des prescriptions, notamment en matière d'insertion du projet, au cas par cas, en fonction du dossier déposé et de son impact sur le site protégé concerné. Les refus d'autorisation de travaux, quand ils sont fondés sur un avis défavorable de l'ABF, doivent être motivés et sont souvent accompagnés de propositions, qui permettent de réexaminer plus positivement un futur projet. Au demeurant, ces refus d'autorisation sont limités, puisque, en moyenne annuelle, sur un peu plus de 500 000 dossiers instruits à divers titres, seuls 7 % font l'objet d'un avis défavorable de l'ABF. Concernant les sites protégés pour leur intérêt patrimonial situés dans la commune de Curzay-sur-Vonne (Vienne), on dénombre deux monuments historiques, l'église Saint-Martin et le château de Curzay. La majorité des avis rendus par l'ABF sur des autorisations de travaux concerne les abords de l'église Saint-Martin, classée au titre des monuments historiques et située dans le bourg. Sur la période allant de 2023 à juin 2025, l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine (UDAP) de la Vienne a instruit 42 dossiers de demandes d'autorisation de travaux, dont sept ont fait l'objet d'un refus. Parmi ces avis défavorables, quatre concernaient l'intégration de dispositifs de production d'énergie renouvelable (pompes à chaleur, panneaux solaires) ou la rénovation thermique (isolation par l'extérieur). Ces refus ont systématiquement été accompagnés de recommandations permettant aux pétitionnaires d'améliorer leur projet en vue d'un nouveau dépôt d'autorisation. 

S'agissant de la question des travaux de réhabilitation liée à la performance énergétique des bâtiments, le ministère de la culture travaille activement à permettre la conciliation des enjeux de la transition énergétique et de la protection du patrimoine, objectif qui est inscrit dans la « Feuille de route pour la Transition écologique de la Culture ». À cet égard, l'ABF peut émettre des prescriptions privilégiant notamment les matériaux traditionnels, renouvelables et respectueux du patrimoine et de l'environnement. Le bon entretien et la mise aux normes d'habitabilité du bâti ancien concourent in fine à la préservation de ce patrimoine. Ils renforcent en outre l'attractivité des logements, une des clés de la revitalisation des centres anciens, dans l'objectif du zéro artificialisation nette des sols. Concernant le château de Curzay, il est partiellement inscrit au titre des monuments historiques, et a fait l'objet d'un projet de transformation en établissement de luxe par un investisseur. Les services patrimoniaux de la direction régionale des affaires culturelles (UDAP, conservation régionale des monuments historiques et service régional de l'archéologie), associés en amont par le porteur de projet et son architecte du patrimoine, ont pu accorder sans difficulté les autorisations nécessaires à ce projet de réaménagement. Il semble toutefois qu'une partie des aménagements prévus dans le parc (construction de cottages) n'étaient pas autorisés dans le document d'urbanisme de la commune et auraient conduit les investisseurs à renoncer à leur projet, dont l'insuccès ne peut donc pas être imputé aux services de la DRAC. Enfin, l'UDAP de la Vienne assure des permanences mensuelles dans la plupart des communes du département, dont celle de Curzay-sur-Vonne, et se tient à la disposition des pétitionnaires, particuliers et collectivités, pour les aider à améliorer l'intégration de leurs projets.


Question écrite n°04790 - 17e législature https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ250504790.htm

lundi 17 mars 2025

Patrimoine historique : les périmètres délimités

Une proposition de loi visant à renouveler les conditions du dialogue entre les architectes des bâtiments de France (ABF), les élus locaux et l'ensemble des citoyens,  tire les conséquences, sur le plan législatif, des constats dressés par la mission d'information sur le périmètre d'intervention et les compétences des ABF en 2024.

Elle encourage la généralisation des périmètres délimités des abords (PDA) pour adapter le périmètre protégé à l'intensité patrimoniale constatée dans chaque collectivité. Ainsi, il serait mis un terme à l'existence de zones de protection automatiques autour des monuments historiques, dont le périmètre est par défaut défini dans un rayon de 500 mètres autour du monument.  

Par ailleurs, elle prévoit une publicité des avis rendus par les ABF en instaurant la publication systématique des décisions rendues par les ABF dans un registre national mis gratuitement à la disposition du public au format numérique. 

En cas de litiges (avis défavorable de l'ABF ou d'avis favorable assorti de prescriptions coûteuses ou techniquement difficiles à mettre en œuvre), la proposition de loi créée une commission départementale assurant un examen collégial de ces dossiers chargée de favoriser le règlement des dossiers litigieux en amont de l'engagement d'une procédure de recours. 

Pour préserver le droit des administrés de participation aux décisions de l'administration, l'enquête publique est conservée dans les cas où le périmètre délimité des abords (PDA) est étendu au-delà de 500 mètres. 

La proposition de loi sera examinée jeudi 19 mars en séance publique (LCP, canal 13 TNT).

mercredi 15 mai 2024

Architectes des bâtiments de France et patrimoine historique : des contraintes injustifiées et inadaptées aux villages ruraux

Les abords de monuments historiques : de quoi s'agit-il ?

La notion d’abords de monuments historiques remonte à 1946. Est instauré alors le « fameux » rayon de 500 mètres, trente ans après la mise en place de la législation sur les monuments historiques eux-mêmes en 1913. 

Ce rayon des abords a pour but d’instaurer un « écrin » autour du monument historique, afin de permettre sa mise en valeur, en portant une attention et un soin particulier à l’environnement proche, urbain et paysager. Ce périmètre des 500 mètres constitue une servitude d’utilité publique qui s’impose aux documents d’urbanisme. 

Dans ce périmètre, l’architecte des bâtiments de France (ABF) émet un avis sur les dossiers de travaux afin de préserver "les qualités de l’écrin du monument historique". 

Et la "co-visibilité" ?

A l’intérieur du rayon de 500 mètres, il existe une notion de « co-visibilité » entre les travaux et le monument historique. Cette co-visibilité est à l’appréciation de l’architecte des bâtiments de France. La co-visibilité s’apprécie à l’œil nu, depuis le monument, depuis les travaux, ou depuis un point quelconque de l’espace public (A l’intérieur ou à l’extérieur du rayon de 500 m) où le monument et les travaux sont visibles ensemble. 

La loi LCAP de juillet 2016 a clarifié la notion en créant la servitude « d’abord » : si le projet est co-visible avec le monument, il est situé au sein de la servitude « d’abord ». Dans ce cas, l’avis de l’architecte des bâtiments de France est un « accord » et doit être obligatoirement repris par l’autorité compétente (souvent le maire de la commune). Si la co-visibilité n’est pas constatée, le projet est « hors servitude » et l’architecte des bâtiments de France formule des recommandations que l’autorité compétente est libre de reprendre à son compte ou non.

Des décisions parfois contestées à l'échelle locale, notamment lorsqu'elles entraînent l'annulation de projets structurants. Ce fut récemment le cas lors des travaux portant sur la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d'énergies renouvelables. 

Une mission d'information au Sénat sur le périmètre d'intervention et les compétences des architectes des bâtiments de France est en cours de travail (mai à septembre 2024)

À l'initiative du groupe Les Indépendants - République et Territoires, le Sénat a créé une mission d'information sur le périmètre d'intervention et les compétences des architectes des bâtiments de France (ABF). Ses travaux de contrôle s'achèveront en septembre 2024. Mme Marie-Pierre Monier et M. Pierre-Jean Verzelen ont respectivement été désignés présidente et rapporteur de cette structure temporaire.

La mission d'information "entend objectiver les difficultés rencontrées par les différents acteurs concernés, mais également tirer les enseignements des situations dans lesquelles les interventions des ABF se déroulent dans de bonnes conditions. Il s'agira ainsi d'identifier les leviers qui permettraient d'améliorer l'accomplissement de leurs missions par les ABF et de renforcer leur dialogue avec les porteurs de projets".

Toutes les auditions des élus, architectes des bâtiments de France (ABF) sont disponibles ici
https://videos.senat.fr/commission.ARCH



 


mercredi 27 février 2013

Musée de la Lutherie et de l'Archèterie françaises de Mirecourt lauréat du prix "Patrimoine pour tous"

Le Musée de la Lutherie et de l'Archèterie françaises de Mirecourt est lauréat du prix "Patrimoine pour tous" dans la Catégorie Établissements relevant des collectivités territoriales. La muséographie du Musée de la Lutherie et de l'Archèterie françaises à Mirecourt (Lorraine)a été repensée pour rendre accessible au plus grand nombre tous les aspects de l'instrument de musique à cordes (esthétique, sonore, technique). Ce travail a abouti au printemps 2011 à l'inauguration d'une nouvelle scénographie qui prend en compte les besoins pour les quatre déficiences et l'octroi des quatre labels « Tourisme&Handicap ». Cette institution propose également des activités culturelles et musicales adaptées pour tous, encadrées par du personnel formé dans le domaine du médico-social et de la musicologie. http://www.musee-lutherie-mirecourt.fr/

lundi 11 février 2013

Dîners insolites du patrimoine des Vosges

Le Pays d'Épinal-Coeur des Vosges lance demain sa quatrième édition des Dîners insolites du patrimoine.

Du 15 mai au 1er décembre prochain, des tables dressées avec des produits haut de gamme d'entreprises vosgiennes sur lesquelles seront servis apéritifs et dîners gastronomiques seront à découvrir dans plus de trente sites exceptionnels, à commencer par la Manufacture des grandes orgues de Rambervillers.

Découvrir et réserver en ligne :
http://www.diners-insolites.com/

jeudi 20 décembre 2012

Les rubans du Patrimoine 2013 : allez les Vosges !

Lancé en 1994 sous le nom de « Villes et Villages gagnants », le concours les rubans du Patrimoine distingue et récompense, par des prix nationaux, régionaux et départementaux, des communes ayant réalisé des opérations de rénovation ou de mise en valeur de leur patrimoine bâti.

Les rubans du Patrimoine sont organisés en partenariat par la Fédération Française du Bâtiment, l'Association des Maires de France et la Fondation du Patrimoine.  

Toutes collectivités locales de toutes tailles (communes et structures intercommunales) ayant conduit une opération de réhabilitation ou de rénovation d’un patrimoine bâti de plus de 50 ans peuvent participer. La condition : les travaux auront été réalisés par des entreprises de bâtiment et auront été terminés entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2012.

Le dossier proprement dit de 25 pages maximum, présente l’opération. Volontairement libre en termes de rédaction, il permet aux membres des jurys de comprendre les enjeux et le déroulement de l’opération. Il peut être structuré autour des éléments suivants :
- présentation rapide de la commune (ou structure intercommunale), géographie, contexte socio-économique et patrimonial,
- présentation du ou des bâtiments rénovés : valeur patrimoniale, état sanitaire, motivation des élus à lancer l’opération,
- présentation des travaux réalisés, des choix de prescription ou choix techniques, coordonnées et spécialité des entreprises,
- analyse financière (coût de l’opération, travaux, entretien maintenance futur), retombées pour la commune (amélioration du cadre de vie, valeur touristique, création d’emplois, nombre d’habitants)...

Dossier et documentation à télécharger sur le site Bâtiportail de la construction et du bâtiment, rubrique "Rubans du Patrimoine" : http://www.batiportail.com

mercredi 14 novembre 2012

Pour la sauvegarde du château de FONTENOY LE CHATEAU : Faites un don !

 Les Amis du Vieux Fontenoy et sa section juniors proposent de laisser votre nom dans l’histoire millénaire de ce château en les aidant par vos dons à sauver ce donjon, en lui offrant un nouveau parement de pierre de taille. Ils pourront ainsi, grâce à vous transmettre aux générations futures le témoignage bien lisible d’un château de l’an mil, construit sur l’une des plus vieilles frontière de l’Europe.

VESTIGES DU CHATEAU DE FONTENOY LE CHATEAU: C’est en 1050 qu’on trouve pour la première fois mention de Fonteniacum Castellum. Le site est fortifié quelques décennies auparavant pour protéger ce lointain franc-alleu que possèdent les évêques de Toul. Une grosse tour carrée surveille...

aller sur la page de la Fondation du Patrimoine : http://www.fondation-patrimoine.org/fr/lorraine-15/tous-les-projets-722/detail-vestiges-du-chateau-de-fontenoy-le-chateau-1945