Affichage des articles dont le libellé est Mobilité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mobilité. Afficher tous les articles

vendredi 11 mars 2022

Intégration d'une voie cyclable sur une voie de circulation : le rôle de la commune

Réponse in extenso du Ministère de l'intérieur publiée dans le JO Sénat du 10/03/2022 à la question écrite n° 17766 de M. Jean Louis Masson.

Le projet d'une commune, de supprimer une file sur une voie de circulation pour la transformer en voie cyclable est-il assujetti à enquête publique préalable ? 

Aux termes de l'article R. 110-2 du code de la route, une piste cyclable est une « chaussée exclusivement réservée aux cycles à deux ou trois roues (…) » alors qu'une bande cyclable est une « voie exclusivement réservée aux cycles à deux ou trois roues (…) ». 

Par « voie », il ne faut pas entendre une route au sens de voie communale. Cette même disposition pose qu'une voie de circulation est une « subdivision de la chaussée ayant une largeur suffisante pour permettre la circulation d'une file de véhicules », étant précisé que les cycles sont des véhicules. Ainsi, lorsqu'une chaussée à plusieurs voies de circulation est réaménagée pour réserver l'une d'elles aux cycles, il s'agit de la création d'une bande cyclable, sauf à créer deux chaussées séparées dont l'une deviendrait alors une piste cyclable. L'instauration d'une bande cyclable sur une voie de circulation existante n'implique pas en principe d'enquête publique préalable au titre de la gestion de la voie communale. 

Aux termes de l'article L. 141-3 du code de la voirie routière, « le classement et le déclassement des voies communales sont prononcés par le conseil municipal. Ce dernier est également compétent pour l'établissement des plans d'alignement et de nivellement, l'ouverture, le redressement et l'élargissement des voies. Les délibérations concernant le classement ou le déclassement sont dispensées d'enquête publique préalable sauf lorsque l'opération envisagée a pour conséquence de porter atteinte aux fonctions de desserte ou de circulation assurées par la voie ». Cette rédaction est issue de l'article 9 de la loi n° 2005-809 du 20 juillet 2005 dont les travaux parlementaires précisent qu'il s'agit « de rétablir l'exigence d'une enquête publique avant toute délibération d'un conseil municipal concernant l'établissement des plans d'alignement et de nivellement, l'ouverture, le redressement et l'élargissement des voies communales ». 
Ainsi, le conseil municipal doit procéder nécessairement et préalablement à une enquête publique pour modifier l'emprise d'un chemin rural par élargissement, redressement ou création (CAA Lyon, 3 octobre 2013, n° LY00344). 

La création d'une bande cyclable sur une voie de circulation existante ne modifie pas le classement et l'affectation à la circulation de la voie communale. Faisant corps avec la chaussée, la bande cyclable ne modifie pas non plus en principe l'emprise du domaine routier. Une enquête publique ne sera donc nécessaire que si l'aménagement d'une bande cyclable a pour effet d'élargir la voie communale ou de modifier son alignement. La transformation d'une voie de circulation en bande cyclable sans modification de l'emprise de la voie communale relève du pouvoir de police de la circulation du maire en vertu des articles L. 411-1 du code de la route, L. 2213-1 et L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales (CGCT). Aucun texte ne prévoit que cette mesure de police soit soumise à enquête publique préalable. 

La mise en place d'une bande cyclable sur une voie de circulation existante n'entraîne pas non plus en principe d'enquêtes publiques environnementales. L'article L. 123-2 du code de l'environnement définit les projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements soumis à enquête publique. Cet article renvoie notamment à certains projets de l'article L.122-1, lesquels sont précisés à l'annexe de l'article R. 122-2. L'annexe prévoit en matière de voirie que n'est concernée que la « construction de pistes cyclables et voies vertes de plus de 10 km », après un examen au cas par cas. Cet examen doit déterminer des incidences notables sur l'environnement et la santé humaine. 

Le Conseil d'Etat a jugé que si les seuils de l'annexe sont indicatifs, il est toujours nécessaire d'établir une incidence prononcée sur l'environnement (CE, 5 avril 2021, n° 425424). N'est ainsi visée par une enquête publique que la construction de pistes cyclables et non l'aménagement en bande cyclable de voies existantes dont, en outre, l'effet sur l'environnement, par sa seule existence, ne peut a priori qu'être faible. 

Enfin, en vertu de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement (mettant en œuvre le principe de participation du public de l'article 7 de la Charte de l'environnement pour les décisions des autorités publiques autres qu'individuelles qui ne sont pas soumises à une procédure de participation par un texte législatif), la consultation du public n'est requise que si la décision a une incidence « directe et significative » sur l'environnement (Cons. const., n° 2012-282 QPC du 23 nov. 2012). Une telle incidence ne peut résulter de la seule instauration d'une bande cyclable sur une voie de circulation.

vendredi 9 avril 2021

Mobilité des jeunes : un simulateur de conduite à Epinal ?

Pour faciliter la mobilité des jeunes habitant en territoire rural, des simulateurs de conduite vont équiper 24 missions locales sur le territoire national.

L’accès à ce simulateur est destiné à faciliter l’obtention du permis de conduire "en permettant à des jeunes de s’entraîner virtuellement à la conduite, autant qu’ils le souhaitent", a précisé le ministère de la Cohésion des territoires dans un communiqué du 7 avril 2021. "L’objectif est ainsi d’augmenter le taux de réussite à l’examen, de limiter les abandons et de réduire le coût du passage du permis de conduire." 

Epinal a t-elle candidaté pour bénéficier d’un simulateur ?

https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/mobilites-jeunes-en-zone-rurale-24-missions-locales-equipees-de-simulateurs-de-conduite-pour-1-300

samedi 4 juillet 2020

Quelle place pour les citoyens dans le devenir de leur territoire ?

A l’occasion des élections municipales 2020, en principe un moment de débat et d’échange (?) avec les citoyens électeurs, qui a proposé quoi ? Quelle politique foncière et immobilière ? Quelle stratégie de développement économique, quelle politique de mobilités ? Comment est organisé le débat concernant les politiques majeures au niveau de l'intercommunalité ?

La réponse est simple : pas de débat. Aucun échange. Rien. Le sujet des municipales 2020 des petites communes rurales est l’entretien des voiries et fleurissement des villages et des sujets municipaux sous leur responsabilité. Effarement : les candidats au poste de maire de la plus grande ville locale, n'ont pratiquement jamais évoqué l'intercommunalité. Alors que certains envisageaient la double fonction, maire et président de l'agglomération. Le débat politique, au sens le plus noble du terme, est supprimé.

Ainsi la Loi NOTRe a réalisé le prodige de priver les citoyens de toute voix au chapitre sur les politiques locales. Elles sont désormais décidées par l'intercommunalité.

À l’issue du scrutin municipal 2020, les maires et les quelques conseillers des plus grandes communes seront pour la première fois élus à la Communauté d'agglomération à titre personnel. Ils représenteront directement les habitants du territoire communal, et non plus la commune, c’est à dire la communauté de ses habitants constituée en personnalité morale publique. Ils ne seront pas tenus de solliciter l’avis du conseil municipal sur les délibérations votées à  la Communauté d'agglomération. Juridiquement, ce qu’ils y font ne regardera pas le conseil municipal ni l’entité communale.  

Dorénavant, la commune, en tant qu’organe politique de la communauté n’aura plus voix au chapitre sur la gestion de  la Communauté d'agglomération à laquelle elle appartient. Elle est abaissée au rang de comité de quartier de l’Agglo. C’est désormais le maire ou son adjoint qui vont siéger au conseil communautaire. Ils n’auront rien promis aux citoyens ni au conseil municipal pendant la campagne 2020 et ils ne leur devront aucun compte sur leur action à la Communauté d'agglomération.

Ainsi, la communauté des citoyens qui la constituent est privée du droit d’y participer.

Avec la loi NOTRe en 2015, le Parlement (mandature Hollande) a, ni plus ni moins, mis fin à la démocratie locale :

  • Il a retiré aux citoyens le droit de s’exprimer sur la gestion de leur cité,
  • Il a centralisé toutes les décisions entre les mains du maire de la grande ville locale et des fonctionnaires territoriaux,
  • Il a acté la disparition de la commune en tant que cellule de base de l’édifice politique français.
Un conseil de développement durable, instance consultative, a été installé en décembre 2019 à l'initiative de la Communauté d'agglomération. Il est formé de 40 citoyens  volontaires et bénévoles issus des 78 communes pour une représentation équilibrée du territoire. Son organisation interne est de son ressort. Il est interrogé sur le projet de territoire et les politiques publiques mises en œuvre dans son périmètre et peut s’auto saisir sur des sujets de son choix.

Un appel à candidatures a été lancé pour recruter une vingtaine de membres issus des 78 communes de la communauté d’agglomération, les sièges dévolus à la ville d’Epinal étant pourvus.

Pour s’informer et candidater :

Avec Didier Picot,  Chef d'entreprise et élu local au Pays Basque


mercredi 1 juillet 2020

La jeunesse des zones rurales et des petites villes oubliée du débat public

Avant la crise, 37 % des jeunes des quartiers prioritaires étaient sans emploi trois ans après l’obtention de leur diplôme. 

Moins visible, la jeunesse des zones rurales et des petites villes est loin d’être épargnée. Les seuls territoires ruraux rassemblent 3 millions des moins de 20 ans. Ces élèves cumulent les obstacles à l’heure de construire leur avenir, avec pour conséquence une orientation plus contrainte et une ascension sociale souvent limitée: celle des enfants d’ouvriers ou employés est jusqu’à deux fois plus faible en Poitou-Charentes ou dans le Nord-Pas-de-Calais qu’en Ile-de-France, selon France Stratégie. 

Salomé Berlioux est fondatrice et présidente de l’association Chemins d’avenirs. Elle est co-auteur de l’ouvrage Les Invisibles de la République, Comment on sacrifie la jeunesse de la France périphérique (Robert Laffont, 2019).